Son Stade Toulousain balayé (40-19) au Parc des Princes par un Stade Français déchaîné après le repos, Guy Novès, l'entraîneur toulousain, adoptait samedi après le revers de sa formation un profil bas, certes de circonstances compte tenu des blessures qui frappent son effectif à l'image de Lamboley, dernier en date, mais exagéré et destiné surtout à détourner la pression sur les Parisiens. A trois semaines des retrouvailles entre les deux équipes en finale de la Coupe d'Europe, Novès joue les modestes. Info ou intox?
En fin communiquant, Guy Novès prépare les retrouvailles avec Paris...
Comment vivez-vous ce lourd revers concédé au Parc face à un Stade Français aux deux visages, inexistant en première et déchaîné après la pause?
Je le vis comme un match perdu, c'est à dire mal. D'autant que j'ai vu vingt-deux Toulousains qui se sont investis totalement au cours de cette partie. Et je suis déçu que mes hommes ne soient pas récompensés de cet investissement, au moins par un point de bonus qu'il soit défensif ou offensif. Mais la victoire de Paris est amplement méritée et nous n'avons aucune excuse. Deux visages des Parisiens, oui, mais c'est dû avant tout à notre première période où nous avons dominé dans tous les secteurs de jeu, au point d'atteindre même une certaine euphorie comme sur cette occasion de Baby. On était alors à deux doigts du gros break.
Parvenez-vous à vous expliquer ce 32-0 concédé par votre équipe après avoir mené 19-8?
En seconde période, la gestion de notre banc s'est avérée très compliquée en raison des blessures. Un coaching vraiment très difficile que la sortie définitive d'Omar Hasan, notre pilier, a définitivement compromis. On avait à partir de ce moment du match perdu les armes nécessaires pour espérer bousculer les Parisiens. La biscouette (sic) de Michalak dans notre en-but constitue évidemment un autre tournant mais il y en a d'autres comme l'essai d'Arias.
On tentera de participer...
La blessure de Grégory Lamboley complique un peu plus votre tâche en vue de cette fin de saison. Le handicap est certain...
Greg (Lamboley) claqué, c'est le gros pépin. On sait que ça va être compliqué avec les blessures de Pelous, Bouilhou, Servat... Mais même dans ces conditions, croyez-moi, on préfère postuler pour ces challenges-là qu'être absent à cette période de la saison.
Vous aviez fait le choix de présenter une formation mixte face aux Parisiens. Sans regrets?
Nous nous étions déplacés à Paris sans pression. Et ce choix de garder des armes de côté est assumé. Jauzion était 23e homme, Collazo n'avait plus joué depuis deux mois, on lance un gamin de 18 ans à l'arrière (Médard), un autre, Montauriol, en deuxième ligne et même le petit Lacombe que je n'ai pas osé faire rentrer. Non, ce qui me chagrine, ce sont ces deux périodes si distinctes. A la pause, on pensait qu'on allait encore pouvoir rivaliser. Je suis marqué surtout par le fait de ne pas avoir inscrit ce quatrième essai qui finalement nous tourne le dos. Et je suis sûr que cela marque mes joueurs. Maintenant, on prend quarante points ici, au Parc, mais eux en prennent trente chez nous (32-16), avec le point de bonus à chaque fois.
Ne craignez-vous pas que cette défaite compte dans trois semaines à l'heure de retrouver les Parisiens en finale de la Coupe d'Europe?
Vous savez, on essaiera de participer à cette finale avec nos moyens, malgré tout. Aujourd'hui, le Stade Français est intouchable et ils sont les grands favoris de cette finale, c'est une évidence. Et très honnêtement, si Paris, après avoir reçu en quart de finale et en demi-finale, n'est pas champion d'Europe cette saison, je m'étonnerai... Mais je le répète, on tentera de participer du mieux possible...
On a senti parfois une certaine tension autour de ce match et entre les deux équipes. Il existe une réelle rivalité entre ces deux équipes...
Non, en ce qui me concerne, c'est un match comme un autre. Ce n'est pas le match à part qu'on veut en faire. Il y a eu certains gestes bien sûr comme Roncero qui manque de décapiter Baby mais j'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour cette équipe du Stade Français...